• Giscard ne veut pas de Blair comme président de l'UE

    S. H.
    16/01/2008 | Mise à jour : 23:02
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    À 81 ans, Valéry Giscard d'Estaing a exclu mercredi d'être candidat à la présidence de l'UE : «J'ai passé l'âge de ce genre de fonction».
    À 81 ans, Valéry Giscard d'Estaing a exclu mercredi d'être candidat à la présidence de l'UE : «J'ai passé l'âge de ce genre de fonction». Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

    L'ancien président de la Convention sur l'avenir de l'Europe était auditionné, mercredi, à l'Assemblée nationale.

    Valéry Giscard d'Estaing n'a pas jeté la rancune à la rivière. Hier, l'ancien chef de l'État a sévèrement critiqué le traité de Lisbonne, porté par Nicolas Sarkozy. Aux yeux de celui qui présidait la Convention sur l'avenir de l'Europe, chargée de rédiger le projet de traité constitutionnel européen, le texte «marque un recul de l'ambition politique européenne». Auditionné par la commission des Affaires étrangères et par la délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée, Giscard a défendu «son» traité constitutionnel, rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas en 2005.

    Pour lui, le traité de Lisbonne, signé le 13 décembre, n'est qu'«un catalogue de modifications des traités antérieurs, dont la lecture devient pratiquement impossible» et qui «n'est pas lisible par un citoyen». Par rapport au traité constitutionnel, «le contenu est très voisin, mais la présentation est différente. On ne peut pas dire que le traité est simplifié, car il est plus long que le précédent». VGE a toutefois reconnu que ce traité comportait «des avancées» et que «son adoption permettrait d'améliorer sensiblement le fonctionnement des institutions européennes».

    L'ancien député du Puy-de-Dôme qui, en tant qu'ancien président de la République, est membre de droit du Conseil constitutionnel, a défendu le choix de Nicolas Sarkozy de faire ratifier le traité de Lisbonne par le Parlement. «La voie normale pour un traité, c'est la voie parlementaire. La demande de référendum n'est pas justifiée, car c'est tout de même un texte différent (du traité constitutionnel), non pas dans les avancées institutionnelles mais dans l'approche.»

    Devant des députés de tous bords, dont le souverainiste Jacques Myard (UMP), Valéry Giscard d'Estaing a ajouté que chez certains «la demande de référendum est honnête», même si elle ne lui paraît pas «juridiquement justifiée». En revanche, « chez d'autres, c'est une opération politique, parce qu'ils pensent que c'est la seule chance de faire capoter le traité de Lisbonne» en rééditant 2005. Et si certains pays rejettent le nouveau traité européen, a demandé le député UMP Michel Herbillon ? Réponse de Giscard, évoquant notamment la Grande-Bretagne : le non d'un ou de plusieurs pays «n'empêchera pas l'adoption du texte. Ce ou ces pays devront demander un statut d'exception ou partir» de l'Union européenne.

    Valéry Giscard d'Estaing a exclu d'être candidat à la présidence de l'UE. «J'ai passé l'âge de ce genre de fonction.» Mais il a surtout dressé le portrait du futur candidat. Un portrait-robot qui exclut de facto Tony Blair. «Il faut qu'il appartienne à un pays qui respecte tous les engagements européens», ce qui n'est à l'évidence pas le cas de la Grande-Bretagne, qui n'a jamais adopté l'euro et n'est pas dans l'espace Schengen.

    «Disparition des symboles de l'Europe»

    Un avis partagé par Édouard Balladur. Dans une tribune publiée dans Le Monde, l'ancien premier ministre reconnaît à Tony Blair «de grandes qualités, de la souplesse, de la rapidité, le sens de la communication», mais il lui reproche de n'avoir «rien fait pour mettre fin à (la) singularité» britannique lorsqu'il était au pouvoir.

    VGE a une nouvelle fois regretté «la disparition des symboles de l'Europe» que sont notamment le drapeau bleu étoilé, l'hymne et la devise («Unie dans la diversité»). «Le rôle des symboles est essentiel pour progresser dans la démarche de l'identité européenne», a affirmé l'ancien chef de l'État. Il juge «primordial» que la France s'associe à la déclaration du 6 décembre 2007 de seize États membres, annexée au traité de Lisbonne, qui veulent continuer à utiliser les symboles de l'Union.

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